Les victoires gênantes de l’Algérie

L’oeil de Goldnadel. Chaque semaine, Gilles-William Goldnadel propose aux lecteurs de Valeurs actuelles son regard sur l’actualité. Aujourd’hui, il revient sur les violences qui surviennent dès qu’a lieu un match de la coupe du monde avec l’Algérie.


Contrairement à certains, je ne suis pas choqué de ce que des Français d’origine algérienne, et dont certains possèdent la double nationalité, se réjouissent d’une victoire de l’équipe d’Algérie de football. Ce sentiment de fierté collective est compréhensible. Mais pourquoi, à chaque fois, dans la provocation et la violence ? Pourquoi cette spécificité peu glorieuse ?

Mais le pire n’est pas là. Il habite dans l’appréhension que ressentent désormais les autorités chargées de l’ordre et de la tranquillité à l’évocation des prochains matchs de l’équipe algérienne.

Il demeure surtout dans l’omerta médiatique qui a couvert les premiers débordements consécutifs au match contre la Corée du Sud. Le Monde et ses « décodeurs » avaient cru y voir les fantasmes de l’extrême droite identitaire. C’est aussi comme cela que l’on présentait l’insécurité et l’immigration grandissantes dans les années 80…

Si seulement les dures vérités avaient été dites sans bégayer et au bon moment.

Qui a oublié l’ineffable ministre communiste des sports dame Buffet, un certain soir de rencontre France-Algérie de 2001, la Marseillaise copieusement sifflée et s’essuyant, lourd symbole, l’œil gauche aveuglé par un projectile. « Ce n’est pas grave… » fit-elle, à bas bruit.

Mais si camarade-citoyenne ordinairement gouailleuse, c’était grave, et il était du devoir du monde politique et médiatique de le dénoncer haut et fort.

13 ans plus tard, rien n’a changé ou presque. Et l’opposition républicaine, toujours plongée dans ses querelles intestines, laisse une nouvelle fois à Marine Le Pen le monopole du constat d’évidence.

Il suffirait pourtant de presque rien, dix mots, peut-être un peu moins. Les dire sans trembler. Après tout, dans un domaine voisin, l’équipe de France a su renoncer à ses frasques extravagantes, quand les Français, unanimes et écœurés, ont su lui parler clairement. En français.

Il est loisible de se réjouir, il est interdit d’affliger.
Si je ne le dis pas, qui va le dire ?

Dans une précédente chronique, je m’interrogeais sur la composition chimique de cette rage qui anime la gauche pour désarmer la justice et émasculer l’État dans son combat contre le crime en majesté.

Mme la sénatrice Benbassa a salué comme il se devait la réforme pénale adoptée le 26 juin par le Sénat :« nous sommes fiers de ce texte, vraiment de gauche, nous avions besoin d’un peu d’audace. »

Dans un article daté du même jour, le journal Le Monde, tout en reconnaissant le caractère radical de la réforme la rapporte avec placidité : c’est ainsi que désormais la contrainte pénale se substituera obligatoirement à la prison pour certains délits. Les peines plancher sont supprimées. Les tribunaux correctionnels pour mineurs ont vécu.

Mme Taubira, toujours aussi lyrique, a salué, citant Brecht, « la douce violence de la raison ».

J’opinerais plutôt pour « la rage violente de la folie » d’une loi scélérate.

 

 

La presse hexagonale aurait été bien inspirée de rapporter davantage la réunion de Villepinte où vendredi 27 juin des dizaines de milliers de sympathisants du Conseil National de la Résistance Iranienne, sans doute la force d’opposition aux mollahs la plus importante, se sont réunis en dépit des tentatives de Téhéran de faire interdire l’événement. C’est cette organisation qui a permis aux occidentaux de connaître les projets du régime dans le domaine du nucléaire militaire.

Dans son discours sans concession, prononcé devant des centaines de responsables politiques et intellectuels français et étrangers (Giuliani, Kouchner, Alliot-Marie etc.), son leader, Mme Radjavi s’est livrée à une analyse intéressante et que l’on n’a pas l’habitude de lire en France.

La défaite du premier ministre Maliki, représentant à Bagdad l’extrémisme révolutionnaire chiite est une catastrophe pour le régime islamiste de Téhéran qui avait investi lourdement tout autant en Irak qu’en Syrie.

Ainsi, et en dépit de la dangerosité inhérente au djihadisme sunnite, la chute de Maliki pourrait accélérer en Iran la chute d’un régime fascisant, à bout de souffle économiquement.

Et ce, en dépit des efforts pathétiques de M. Obama pour lui sauver la mise.

 

Dans un ordre d’idées voisins, et pour contrebalancer l’inquiétude légitime qu’inspire l’EEIL, j’aurais aimé lire ne serait-ce qu’une seule ligne, d’un seul journal français, se réjouissant de la marche du peuple kurde vers un État indépendant.

Il faudra m’expliquer pourquoi, au nom du seul « réalisme » éternellement avancé en la circonstance, le peuple non arabe le plus important des Proche et Moyen-Orient, à qui on a promis l’indépendance depuis près de 100 ans, massacré en Iran, massacré en Irak, massacré en Turquie, se verrait interdire le droit à la souveraineté nationale sur une partie des territoires qu’il habite depuis toujours.

Les observateurs font montre de moins de résignation réaliste, lorsqu’il s’agit du peuple arabe de Palestine dont la forme singulière de nationalisme violent et irrédentiste menace le seul État dangereusement minuscule d’un peuple qui n’en a pas d’autres.

À ce dernier sujet, je tenais à signaler une fâcheuse omission de la presse française, et notamment de France Inter. Dans un communiqué du 24 juin, le ministère palestinien de la santé indiquait qu’à Gaza une petite fille de trois ans blessée par un missile tiré vers Israël avait succombé à ses blessures.

Le 25 juin, dans son édition de 8h, France Inter a signalé les représailles israéliennes aux tirs palestiniens qui ont fait « deux blessés » chez ces derniers.

Pas un mot sur la petite fille morte.

Je me refuse à croire qu’il pourrait s’agir d’une omission volontaire qui signifierait que les enfants de Palestine n’intéressent certains médias que pour accabler l’État juif.

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